Le travail du conjoint expatrié à Houston : des réalités de terrain à prendre en compte.

« Houston, la ville de tous les possibles » ! Oui ! Surtout, peut-être, pour les conjoints expatriés qui souhaitent reprendre ou investir l’aspect professionnel de leur vie.

Cependant, avant de vous lancer, voici quelques petites observations de ce que peut avoir de particulier la vie à Houston quand on arrive d’ailleurs. Quelques réalités de terrain, surprenantes pour certains et parfois contraignantes, attendent le conjoint dans son cheminement professionnel. A ces réalités concrètes souvent méconnues à l’arrivée aux USA, s’ajoutent les tabous, financiers par exemple, et les stéréotypes associés au statut de conjoint expatrié. Oser en parler, c’est un premier pas audacieux et salutaire ! Les connaître, c’est mieux pouvoir les contourner ! Ceux-ci peuvent être liés d’une part, de manière générale à l’expatriation et d’autre part, plus spécifiquement à la vie aux USA et à Houston.

Si l’on vient d’Asie, ou même dans certains cas d’Europe, le coût de la vie à Houston peut sembler, de prime abord, élevé. Cela génère, parfois, un contraste amer face au coefficient de pénibilité alloué par nombre d’entreprises internationales. Celui-ci est, dans la majorité des cas, considéré comme faible (notamment par rapport à une expatriation en Asie par exemple). Faisant suite à l’expansion pétrolière récente et majeure de Houston et, par conséquent, du marché immobilier, un décalage, neuf et à combler, apparaît donc entre l’allocation de mutation offerte par les sociétés internationales et la réalité de terrain. Et ce qu’il s’agisse de la location ou de l’achat d’une maison mais également de coûts annexes potentiels comme un babysitting (approximativement $15/heure selon l’âge et le nombre d’enfant(s) à garder) ou une aide-ménagère (environ $125 pour un nettoyage basique et forfaitaire d’une maison 3 chambres réalisé par une société homologuée).

Par ailleurs, nombre d’enfants expatriés nomades se rendent dans des écoles internationales privées afin de garder un programme scolaire identique tout au long de leur scolarité changeante. Le choix fréquent de l’école privée française, par exemple, est, entre autres, généré par le souhait de préserver, pour les enfants, une immersion dans leur langue natale ou dans la culture française. Les frais d’inscription au sein de ces écoles sont, le plus souvent, pris en charge par la société qui expatrie. Ce qui s’avère être très rarement le cas des activités extrascolaires ou de la garderie. Les horaires scolaires sont adaptés à l’âge et l’enfant en maternelle terminera sa journée à 14H30. Le calcul est vite fait : le salaire potentiel du conjoint pour compenser la garde des enfants pendant les heures pré et post scolaires devra être conséquent voir considérable pour pouvoir compenser le coût engendré. A titre d’exemple, celui-ci s’élève, en garderie à l’école, en général de $300 à $400 par enfant. Par ailleurs, notons que dans le cas de la garde des tout-petits, les montants sont encore plus élevés : environ $3000 dollars par mois pour une nounou à domicile 5 jours semaine (8 heures/jour) ou  environ $1800 dollars pour un temps équivalent en « daycare ». Cet élément financier, s’ajoutant au coût de la vie général à Houston, peut être un adjuvant au sentiment de découragement et au recul professionnel du conjoint expatrié.

D’autre part, un regard critique et stéréotypé est régulièrement posé sur toutes ces mamans volontaires à l’école qui seraient justement trop « volontaires » ne parvenant pas à prendre de la distance avec leur enfants. Ce stéréotype est généré par une méconnaissance d’une part, de la culture américaine et d’autre part, des enjeux familiaux et émotionnels de l’expatriation. Et entre stéréotype et réalité, un fossé est à combler. En effet, à Houston, comme aux USA, le volontariat semble être culturel. En tant qu’apport considéré comme nécessaire à la collectivité, il trouve une place dans chaque famille. Par rapport à l’Europe, moins d’impôts sont ponctionnés mais il existe une réelle attente, implicite ou parfois au contraire très clairement exprimée, exigeant de chaque individu du temps et de l’énergie pour la communauté qu’elle soit scolaire, religieuse ou caritative.

Notons que dans certains contrats scolaires signés lors de l’inscription des enfants à l’école, les parents s’engagent de manière formelle à consacrer plusieurs heures de volontariat annuel dans l’établissement (5 heures par parent minimum). Si cet engagement n’est pas presté, les parents seront tenus de verser une somme définie par et à l’école (en général autour des $200). Le volontariat, ce n’est donc ici plus un choix ; c’est un devoir citoyen et culturel. La majorité de ce volontariat est effectué en journée. Un élément dont il faut donc tenir compte dans son organisation professionnelle quand on souhaite, en tant que conjoint expat, travailler entre 8H30 et 14H30 pendant que les enfants sont à l’école…

Le volontariat scolaire peut être aussi motivé par d’autres raisons et ce que l’on soit un conjoint américain natif ou un expatrié. Pour les mamans américaines, donner de leur temps dans l’école publique de leurs enfants, c’est aussi valoriser leur bien immobilier. L’école publique étant déterminée par le lieu de résidence, la position de l’école dans les classements qualitatifs officiels américains a un impact direct sur la valeur immobilière de la maison familiale. Certaines se considèrent comme génératrices d’un apport rémunératif indirect mais bien réel, aux recettes familiales.

Pour les conjoints expatriés, s’investir dans l’école, qu’elle soit publique ou privée, c’est aussi favoriser l’intégration scolaire, amicale et sociale de leurs enfants nouvellement arrivés. Dans un premier temps, en tout cas, de nombreux enfants expatriés ressentent le besoin d’une présence parentale accrue lors de leur adaptation. Nécessité émotionnelle impliquant intensivement le plus souvent, et ce pour une durée variable, le conjoint expatrié.

Force est de constater que ces quelques réalités de terrain, tabous et stéréotypes peuvent entraver ou décourager le conjoint expatrié en recherche d’épanouissement et de développement professionnel. Ce sont des faits pratiques à connaître, à s’approprier et à adapter dans un emploi du temps. Une fois cela fait, à vous la voie pro ! Au fil du temps, de nombreux et talentueux conjoints expats les ont apprivoisés à Houston. Ils jonglent aujourd’hui, avec brio et armés d’un agenda puissant, avec vie familiale, vie professionnelle et vie citoyenne ! A vous de jouer !