photo du parcours professionnel du conjoint expatrié

« Comment les couples conjuguent-ils deux carrières en expatriation ? Entre stéréotypes, mirages et courage »

Une enquête exclusive d’Expat Communication

Expat Communication, entreprise française spécialisée en Mobilité Internationale, a publié le 8 septembre dernier, les résultats d’une enquête sur les carrières des conjoints d’expatriés. Selon Olivier Wurtz, chercheur à l’ESSEC International Busines School et spécialiste de l’expatriation, il s’agit du premier sondage de cette importance jamais réalisée sur le sujet. Menée entre janvier et mai 2015, elle a généré 3668 reponses. La population étudiée type est un couple d’expatrié d’entreprise à 59% (local 15%, détaché 7% et contrat local 19%).

En 2012, les Français étaient 2 millions à vivre à l’étranger. D’ici 2022, ce nombre devrait doubler. Plus de 25% de jeunes diplômés de l’enseignement supérieur envisagent un passage par l’étranger pour construire leur avenir. 70% des Français partent en couple, et les conjoints sont souvent à égalité de diplôme. L’expatriation a un impact négatif sur leur carrière pour 62% des conjoints d’expatriés. Toujours selon les résultats de l’enquête, seule la moitié des conjoints à la recherche d’un emploi obtient satisfaction.

« Il était donc urgent de s’intéresser à ce malentendu, cause de frustration et de tension dans les couples expatriés. C’est dans cet esprit qu’a été lancée l’enquête Expat Value : comprendre l’impact de l’expatriation sur le couple et analyser les parcours professionnels des conjoints pour faire émerger des propositions et des recommandations en direction des expatriés et de leurs conjoints, comme des entreprises et des pouvoirs publics » souligne Alix Carnot, chargée de l’enquête par Expat Communication dans leur communiqué de presse.

Voici quelques résultats de l’enquête synthétisés :

1- Seulement 50% des conjoints qui voudraient travailler y parviennent. Au départ, 67% des couples sont plutôt confiants. 80% des conjoints envisagent de travailler pendant l’expatriation. Selon la composition de la famille, les priorités sont modifiées : sans enfant, les conjoints font du projet professionnel le projet principal, pour les autres, la famille prime sur la volonté de travailler, sans l’éclipser néanmoins.

2- Le profil type du conjoint : il se voyait destiné à une carrière prometteuse en France, il parle au moins trois langues (6%) et est diplômé d’un Bac+4 ou plus (72%). Pour ces conjoints, dont la majorité sont des femmes (91%), Expat Communication souligne qu’il s’agit « d’un rêve brisé de carrière qui se dessine avec l’expatriation ». Ils s’engagent dans un parcours professionnel « atypique, voire décousu, difficile à valoriser sur le marché du travail ».

3- Pour les 14% de femmes employées expatriées, celles à qui l’entreprise à proposé une mission à l’étranger, un tiers d’entre elles quitte la France seules car leurs conjoints ont tendance à ne pas les suivre de crainte de ne pas trouver un emploi.

4- « Pour les conjoints accompagnateurs qui souhaitent travailler sur place (…) la réalité n’est pas facile. Ils vont avoir du mal à trouver leur place sur le marché du travail local et verront, de toute façon, leur carrière marquer un coup d’arrêt » poursuit Alix Carnot. Pourtant, 46% des conjoints d’expatriés sont bien décidés au départ à assurer une continuité dans leur CV et à ne pas perdre en compétences. Notons que 33% des autres répondants souhaitent développer un projet propre qui leur permette un épanouissement personnel.

5- Les trois obstacles principaux au développement professionnel des conjoints expatriés évoqués sont : l’absence de réseau relationnel sur place, la barrière de la langue et enfin la mauvaise connaissance du marché local.

En conclusion, soulignons que le bilan qu’en tirent les conjoints d’expatriés est positif pour 86% d’entre eux. Ils voient dans «(…) l’expatriation (…) une expérience passionnante qui, souvent, resserre les liens familiaux. Une occasion précieuse de se réinventer et de mieux se connaître ».

Virginie Houet

Pour plus d’informations ou de précisions au sujet des résultats de l’enquête : le site ExpatCommunication